"Tant que prouver sa conformité coûtera plus cher que l'affirmer, choisir européen restera un effort plutôt qu'un réflexe."
3 questions à Alban Schmutz, président de Cloud Data Engine, partenaire du projet européen DOME
On parle beaucoup de souveraineté numérique et de cloud européen. Le problème est-il encore celui de l'offre ?
Non. L'Europe, et la France en particulier, disposent de fournisseurs solides dans le cloud, la donnée, l'IA, le logiciel et les infrastructures. La difficulté se situe du côté de l'achat. Les annuaires et catalogues de solutions de confiance se multiplient, en France comme en Europe, et c'est une bonne nouvelle pour la visibilité des fournisseurs. Mais un acheteur a besoin d'aller plus loin. Il doit comparer des offres venues de plusieurs pays, puis vérifier ce que chaque fournisseur affirme sur sa sécurité, la localisation de ses données ou ses certifications. Aujourd'hui, cette vérification repose encore largement sur des fiches déclaratives, des questionnaires et des PDF. Tant que prouver sa conformité coûtera plus cher que l'affirmer, choisir européen restera un effort plutôt qu'un réflexe.

Le 17 novembre, Cap Digital et EuroCloud France consacrent un après-midi à ce sujet. Quel parti pris avez-vous retenu ?
Donner d'abord la parole aux acheteurs : DSI, RSSI, acheteurs publics, organisations régulées. Ce sont eux qui savent ce que « de confiance » signifie concrètement dans un appel d'offres ou un contrat. Les fournisseurs leur répondront dans un second temps. Ensuite, quatre acteurs de l'écosystème français auront trois minutes chacun pour désigner la chose à corriger en priorité. L'objectif est de dépasser le slogan « achetez européen » pour identifier ce qui rendrait ce choix simple, documenté et défendable devant une direction des achats.
Quelle peut être la contribution de DOME, et la vôtre ?
DOME, financé par le programme Digital Europe, rassemble dans un catalogue des services numériques européens et y adosse un cadre de confiance. Le projet arrive à un moment charnière : la DOME Foundation va prendre le relais pour inscrire l'initiative dans la durée. Cloud Data Engine a rejoint le consortium dans sa dernière phase, précisément pour renforcer la conformité et préparer son passage à l'échelle.
L'étape suivante consiste à rendre la conformité comparable, vérifiable et tenue à jour en continu. Il s'agit d'exprimer les référentiels dans un format commun, lisible par les machines, de contrôler le statut d'une certification à sa source, et de refléter sans délai une certification qui expire ou qui est suspendue. Chez Cloud Data Engine, nous l'avons déjà fait pour plusieurs dizaines de référentiels du cloud, jusqu'aux niveaux de labellisation Gaia-X.
La même question va très vite se poser pour l'intelligence artificielle. Un acheteur devra savoir d'où vient un modèle, sur quelles données il a été entraîné, à quelles conditions il peut l'utiliser et ce que l'AI Act exige de lui. Or les modèles évoluent plus vite que les audits : seule une vérification automatisée et continue tiendra le rythme. C'est sur ce terrain que nous concentrons désormais nos travaux, et nous aurons très prochainement l'occasion d'en dire davantage.
Le 17 novembre, nous montrerons le parcours d'un acheteur dans DOME. Nous attendons surtout des participants qu'ils nous disent ce qui manque encore.
17 novembre 2026, de 14h à 16h30, chez Cap Digital, suivi d'un cocktail. Inscriptions : https://le-cloud-europeen-a-lepreuve-du-marche-dome.eventmaker.io/
DOME Marketplace : https://dome-marketplace.eu/





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